Liste des interdictions 2027 : les changements à retenir pour les athlètes et les professionnels de santé

Couverture de la Liste des interdictions 2027 de l’AMA

Comité Monégasque Antidopage · Guide pratique

2027

Liste des interdictions :
les repères qui comptent

Comprendre les changements.
Vérifier ses traitements.
Préparer sa saison avec son équipe de santé.

Entrée en vigueur1er janvier 2027Jusqu’au 31 décembre 2026, la Liste 2026 reste applicable.

Une athlète et une médecin examinent ensemble un médicament et sa notice.

Photos d’illustration créées par IA. Les personnes et les situations représentées sont fictives.

Athlètes : les bons réflexes

Avant de prendre un médicament, un complément ou un produit de récupération.

Quand la Liste 2027 s’applique-t-elle ?

La Liste des interdictions 2027 de l’Agence mondiale antidopage (AMA) entrera en vigueur le 1er janvier 2027. Publiée le 21 septembre 2026, elle a été approuvée le 10 septembre. Les sportifs et leurs équipes peuvent dès maintenant préparer cette échéance. Jusqu’au 31 décembre 2026, la Liste 2026 reste la référence applicable. Consulter la publication officielle de l’AMA.

PEPTIDES

Pas cité ne veut pas dire autorisé.

Un nom absent de la Liste ne suffit pas à conclure. Faire vérifier le produit avant utilisation.

AMA · S0

CBD ET CANNABINOÏDES

Lire au-delà de l’étiquette.

Le CBD n’est pas interdit, mais un produit issu du cannabis peut contenir du THC.

AMA · S8

PROGRAMME DE SURVEILLANCE

Surveillé ≠ interdit.

Ne pas confondre surveillance et interdiction. Vérifier aussi la période et le sport concernés.

AMA · Programme 2027

Des mains vérifient la notice d’un médicament à côté de sa boîte.
Avant toute utilisation : vérifier la composition avec un professionnel de santé.

Le geste utile

Préparer une liste de tous ses produits.

Médicaments, produits sans ordonnance et compléments : montrer les emballages à son équipe de santé.

Ne pas modifier seul un traitement.

Avant tout, comprendre les trois types d’interdiction

Une substance peut être interdite en permanence, uniquement en compétition, ou dans certains sports. « En permanence » couvre aussi l’entraînement et les périodes sans compétition. La période « en compétition » débute normalement à 23 h 59 la veille de l’épreuve et couvre aussi le prélèvement ; des exceptions existent. Source : introduction de la Liste 2027.

Pour préparer une consultation, indiquez votre sport, votre niveau de pratique et les dates de vos prochaines épreuves. Ces renseignements doivent accompagner votre liste de traitements. Une vérification utile porte sur votre situation réelle, pas seulement sur le nom d’un produit.

Peptides : l’absence d’un nom dans la Liste ne vaut pas autorisation

L’AMA renforce la mise en garde concernant les peptides non approuvés pour un usage humain. Ils peuvent relever des substances non approuvées ou d’autres classes interdites, même sans être cités. Source : résumé des changements, S0.

Le réflexe pratique : face à un produit présenté comme aidant la récupération ou la performance, demandez une vérification de sa composition avant toute utilisation. Ne vous contentez pas d’une recherche de son nom commercial. Si la composition ou le statut demeure incertain, sollicitez le CMA plutôt que de conclure que le produit est autorisé.

Cannabis, HHC et CBD : lire au-delà de l’étiquette

La section consacrée aux cannabinoïdes précise les substances visées, avec notamment les Δ8-THC, Δ10-THC, HHC, AB-FUBINACA et 5F-ADB parmi les exemples interdits en compétition. Source : Liste 2027, S8.

Le CBD n’est pas interdit, mais les produits issus du cannabis peuvent contenir du THC. Source : résumé des changements, S8.

Le réflexe pratique : ne considérez pas la mention « CBD » comme une validation antidopage du produit complet. Montrez l’emballage et la composition au professionnel qui vous accompagne. Ne cherchez pas à établir seul un délai « sûr » avant une épreuve à partir d’une publicité ou d’un conseil trouvé sur les réseaux sociaux.

Médicaments : faire vérifier aussi les traitements habituels

L’éplérenone et la finérenone sont ajoutées comme exemples en S5. D’autres exemples complètent les modulateurs hormonaux et métaboliques : imlunestrant, séladelpar, SLU-PP-332 et SLU-PP-915. Source : résumé des changements, S4 et S5.

Le réflexe pratique : préparez une liste comprenant vos médicaments réguliers, les traitements occasionnels et les produits sans ordonnance. Faites-la relire avant la saison 2027. N’arrêtez pas et ne remplacez pas un traitement de votre propre initiative : demandez au médecin comment organiser les soins et, si nécessaire, la démarche antidopage.

Corticoïdes : la manière de les administrer compte

La Liste 2027 mentionne explicitement la voie vaginale parmi les voies non interdites, aux doses et indications autorisées par le fabricant. Cela ne change pas l’interdiction en compétition des glucocorticoïdes injectables, oraux ou rectaux. Source : Liste 2027, S9.

Le réflexe pratique : avant une prescription ou une infiltration, signalez vos prochaines compétitions. Faites noter le produit, la dose, la voie et la date d’administration. Une question utile à poser est : « Quel suivi antidopage faut-il prévoir pour ce traitement et mon calendrier ? »

Surveillance : ce mot ne signifie pas interdiction

Le programme de surveillance sert à suivre l’usage de substances qui ne sont pas interdites dans le cadre concerné. En 2027, le sémaglutide et le tirzépatide restent surveillés en et hors compétition. La caféine et la nicotine restent surveillées en compétition. Source : programme de surveillance 2027.

Le fentanyl et le tramadol sont retirés de la surveillance hors compétition. Source : résumé des changements. Ils restent interdits en compétition : ce retrait ne les supprime pas de la Liste des interdictions. Source : Liste 2027, S7.

Compléments alimentaires : garder le même niveau de prudence

Un complément peut contenir une substance interdite qui n’apparaît pas sur l’étiquette. Un dispositif de contrôle qualité peut réduire ce risque, sans le supprimer. L’AMA ne valide pas les compléments alimentaires. Source : FAQ de l’AMA sur les compléments.

Avant un achat, demandez si le produit répond à un besoin identifié avec votre équipe de santé. Conservez l’emballage, le numéro de lot et les justificatifs. Pour préparer la nouvelle saison, faites aussi le point sur les produits déjà présents dans votre sac ou votre pharmacie : le bilan ne doit pas se limiter aux nouveaux achats.

Votre préparation en cinq gestes
  1. Rassembler : photographiez les emballages et notez les produits que vous utilisez.
  2. Informer : rappelez à chaque professionnel de santé que vous êtes soumis aux règles antidopage.
  3. Vérifier : demandez une vérification pour 2027 avec votre sport et votre calendrier.
  4. Anticiper : si un traitement soulève une question, contactez le CMA avant de vous retrouver à quelques jours d’une épreuve.
  5. Conserver : gardez les réponses et les documents médicaux dans un dossier accessible.

Pour faciliter l’échange, préparez cette phrase : « Je pratique [sport], ma prochaine épreuve est le [date], et voici tous mes traitements et produits. Pouvez-vous vérifier ma situation pour 2027 ? »

  1. 1. RassemblerLes produits et leurs emballages.
  2. 2. InformerSon équipe de santé.
  3. 3. VérifierAvec son sport et son calendrier.
  4. 4. AnticiperLes démarches nécessaires.
  5. 5. ConserverLes réponses et documents.

Soignants : les points de vigilance

Du statut de la molécule au dossier individuel du sportif.

Un professionnel de santé note des informations à côté d’un agenda et d’un dossier.
Molécule, dose, voie, date : documenter les soins et le calendrier sportif.

Au moment des soins

Relier le traitement au calendrier sportif.

Identifier la molécule et la voie. Documenter la prescription. Vérifier les démarches avec l’organisation compétente.

La lecture clinique doit associer la molécule, sa classe, la voie d’administration, les conditions d’utilisation et le contexte sportif. Pour une prescription donnée, se reporter au texte intégral de la Liste.

S0, S4 et S5 : des précisions de périmètre et de nouveaux exemples

La mention explicite des peptides en S0 rappelle la portée de cette classe. L’ajout d’exemples dans une catégorie ne doit pas être interprété comme la preuve que les substances non nommées étaient auparavant autorisées.

Repères de classement dans la Liste 2027
ClassePoint à intégrer
S4.2Le titre inclut les dégradeurs sélectifs des récepteurs aux œstrogènes (SERD), aux côtés des modulateurs (SERM). L’imlunestrant figure dans les exemples.
S4.4.1Le séladelpar figure parmi les agonistes PPARδ. Les SLU-PP-332 et SLU-PP-915 et substances apparentées sont cités.
S5L’éplérenone et la finérenone figurent parmi les diurétiques. L’interdiction s’applique en et hors compétition.

Source : version française avec suivi des modifications, S0, S4 et S5.

Application proposée : rechercher les dénominations communes dans les dossiers des sportifs suivis, en incluant les associations médicamenteuses. Pour chaque correspondance, consigner le statut vérifié et la décision de prise en charge. Cette revue doit déboucher sur une réponse individuelle ; un tableau général ne suffit pas à décider d’une substitution.

S8 : une rédaction centrée sur les THC et leurs effets

La rédaction vise les tétrahydrocannabinols et les cannabinoïdes semi-synthétiques ou synthétiques qui reproduisent les effets du Δ9-THC. La reformulation mérite une lecture précise, plutôt que la reprise automatique de l’ancienne formule générale sur tous les cannabinoïdes. Source : comparaison 2026–2027, S8.

Application proposée : relever la composition exacte du produit présenté par le patient et distinguer la substance déclarée du produit commercial. Lorsque les informations disponibles ne permettent pas de conclure, demander une clarification à l’organisation antidopage compétente et conserver cette incertitude dans le dossier.

S9 : voie vaginale, infiltrations et délais d’élimination

L’ajout de la voie vaginale est ciblé. Il ne constitue pas une autorisation générale des glucocorticoïdes. Pour les autres voies et conditions, se reporter à S9. Source : résumé des changements, S9.

Un traitement administré hors compétition peut encore entraîner un résultat d’analyse anormal lors d’un contrôle en compétition. Les délais d’élimination dépendent notamment de la molécule, de la voie et de la dose ; les formulations à libération prolongée appellent une attention particulière. Une infiltration locale est également une injection. Source : document d’orientation de l’AMA sur les glucocorticoïdes.

Application proposée : documenter le diagnostic, l’indication, la spécialité, la dose, la voie exacte et la date avec l’heure d’administration. Confronter le calendrier sportif au tableau de délais de l’AMA en vigueur au moment des soins. Éviter un délai unique présenté comme valable pour toutes les molécules et toutes les injections.

P1 et substances d’abus : deux précisions à ne pas surinterpréter

La suppression de la mention « toutes les disciplines » pour le billard (WCBS) harmonise la présentation : le billard reste cité parmi les sports concernés par les bêtabloquants. Source : Liste avec suivi des modifications, P1.

L’introduction précise la prise en compte des métabolites des substances d’abus compatibles avec cet usage. Source : introduction de la Liste 2027.

Programme de surveillance : informer sans confondre les statuts

Outre les exemples présentés aux athlètes, restent surveillés l’ecdystérone et l’Hypoxen en et hors compétition ; les analogues de la GnRH chez les sportives de moins de 18 ans ; la dihydrocodéine et le tapentadol en compétition. Source : programme de surveillance 2027.

La codéine, la dermorphine et ses analogues, ainsi que l’hydrocodone, sortent de ce programme. Source : résumé des changements. Pour le patient, séparer systématiquement trois réponses : statut antidopage, pertinence de l’indication et suivi médical. Un changement de surveillance ne tranche pas à lui seul les deux dernières questions.

AUT : construire le dossier avec l’athlète

Une autorisation d’usage à des fins thérapeutiques (AUT) peut permettre un traitement autrement interdit, sous conditions. Une ordonnance ne la remplace pas. La demande ou sa reconnaissance doit être orientée vers l’organisation compétente selon le niveau du sportif. Les procédures rétroactives répondent à des situations encadrées, notamment certaines urgences ; elles ne constituent pas une solution automatique. Pour la saison 2027, confirmer la procédure applicable auprès de l’organisation compétente. Source : lignes directrices de l’AMA pour les AUT.

Application proposée : préparer les éléments diagnostiques, l’historique pertinent, les examens et la justification du choix thérapeutique. Vérifier les conditions, la durée et le périmètre d’une AUT existante avant la prochaine saison. En cas d’urgence, assurer les soins nécessaires et documenter la situation pour la démarche adaptée auprès de l’organisation compétente.

Lors de la remise de la prescription, expliciter au sportif ce qui a été vérifié, ce qui reste à confirmer et qui doit être contacté. Une trace écrite claire est préférable à une formule générale telle que « compatible avec le sport ».

Une revue coordonnée avant janvier 2027

Pour les équipes médicales, la préparation peut prendre la forme d’une revue des traitements, suivie d’un échange avec chaque sportif concerné. Prioriser les situations comportant une nouvelle prescription, une procédure injectable prévue, une compétition proche ou une information de composition insuffisante. Associer le pharmacien lorsque l’identification des substances et des associations le nécessite.

Le CMA peut être sollicité pour orienter la vérification du statut antidopage et les démarches. Ces repères restent généraux : la décision médicale et la vérification réglementaire doivent rester adaptées à chaque athlète.

Documents officiels pour approfondir
Repères généraux pour préparer la saison 2027. En cas de doute, solliciter le CMA pour une vérification adaptée à la situation du sportif.